11.06.2007

ELECTIONS LEGISLATIVES


 

Devoir de réserve oblige, je ne donnerai pas mon opinion sur les résultats qui sont tombés depuis hier soir.

 

 

Je profite toutefois de l'occasion pour pousser un petit coup de gueule pour préciser les choses: j'en ai plus qu'assez d'entendre tout et n'importe quoi: «  on élisait les ministres hier c'est ça? » « L'Assemblée de toute façon, elle est nommée par le président donc y a pas d'enjeu! » et bien d'autres idioties de ce genre qui sortent la bouche des élèves mais aussi malheureusement de celle de citoyens lambda dans les transports en commun, les cafés et même dans les bureaux de vote!

 

Sans condescendance aucune, je tiens à préciser que «  nul n'est censé ignoré la loi » et que « voter est un droit mais aussi un devoir »! Bien sûr, le fonctionnement institutionnel est complexe, c'est un peu aride à étudier mais comment se prétendre bon citoyen si on ne le connaît pas?

 

 

Dans le cadre des institutions de notre République née en 1958, le pouvoir législatif appartient au Parlement composé de deux organes: Le Sénat et L'Assemblée Nationale. Le Parlement se réunit chaque année du premier jour ouvrable d'octobre au dernier jour ouvrable de juin.(session ordinaire) Il peut cependant être convoqué en session « extraordinaire » à la demande du Premier Ministre ou de la majorité des membres de chaque assemblée.

 

Le pouvoir législatif c'est:

  • le pouvoir de voter les lois

  • le pouvoir de voter le budget de la nation ( la fameuse « loi de finances ») et d'en vérifier l'exécution.

     

A ce pouvoir législatif s'ajoute:

 

  • le contrôle de l'action du gouvernement par la voie de question orales ou écrites ( dont les séances sont retransmises à la TV)

  • La possibilité de proposer des lois. C'est donc ici une application directe de l'article 6 de la « Déclaration des droits de l'homme et du citoyen » de 1789: «  La loi est l'expression de la volonté générale. Tous les citoyens ont le droit de concourir personnellement, ou par leurs représentants, à sa formation »

     

Il est donc essentiel d'élire des représentants pour participer à la formation de la loi.

 

  • Le Sénat composé de 321 sénateurs est élu pour 9 ans et renouvelable par tiers: tous les 3 ans sont élus 107 sénateurs. Cette élection a lieu au suffrage universel indirect. Ce ne sont pas les citoyens qui élisent les sénateurs mais un collège de 150 000 grands électeurs (députés, conseillers régionaux, conseillers généraux, maires et délégués des conseils municipaux). Ces grands électeurs sont quant à eux élus au suffrage universel direct ( ils sont élus par les citoyens)

 

  • L'Assemblée Nationale composée de 577 députés (la majorité est donc de 289) est élue pour 5 ans au suffrage universel direct: les citoyens élisent les députés.

     

Ce qui fait débat au lendemain du premier tour des élections législatives, ce ne sont pas les résultats: c'est un bilan mathématique mais bien le mode de scrutin.

 

Soyons clair: les députés sont élus au scrutin uninominal ( on vote pour un candidat) majoritaire ( on doit obtenir la majorité des voix pour être élu) à deux tours.

 

Pour être élu au 1er tour il faut obtenir en voix:

  • la majorité absolue ( la majorité plus un des suffrages exprimés)

  • 25 % au moins du nombre des électeurs inscrits. ( on prend donc en compte ceux qui votent blanc, nul et les abstentionistes)

    Seuls les candidats ayant obtenu au 1er tour 12, 5 % des voix des électeurs inscrits peuvent se présenter au second tour: il peut donc y avoir plus de deux candidats au second tour.

Celui des candidats qui arrive en tête au second tour quelque soit le nombre de voix recueillies est élu.

 

Pour comprendre ces « calculs d'apothicaires » voici un exemple concret (chiffres officiels de la préfecture)

 

Dans la 1 ère circonscription de Meurthe et Moselle, 52 930 personnes sont inscrites sur les listes électorales. Hier, 29 505 personnes se sont déplacées pour voter. 55, 74 % des personnes inscrites ont donc voté. ( Et par conséquent 44, 26 % des inscrits se sont abstenus)

 

Parmi les personnes qui sont allées voter, 302 ont voté blanc. Donc parmi les votants, seules 29203 personnes ont fait le choix d'un candidat.

 

Laurent Hénart a obtenu 13035 voix: soit 44, 64 % des suffrages exprimés, 44,18% des votants et seulement 24,62% par rapport au nombre d'inscrits.

 

Son concurrent direct Mathieu Klein a obtenu 9340 voix: soit 31, 98% des suffrages exprimés, 31,66 % des votants et 17, 65 % des inscrits.

 

En troisième position arrive Alain Miton avec 1983 voix: soit 6, 79% des suffrages exprimés, 6,72% des votants et 3,75 % des inscrits.

 

Seuls les deux premiers candidats sont qualifiés. Les 11 autres candidats sont éliminés. Tous réunis, ils totalisent 6828 voix soit 23,38 % des suffrages exprimés. Les personnes qui ont choisi ces « petits candidats » ne seront pas représentées à l'Assemblée.

 

Il faut bien distinguer pour ce genre de scrutin entre nombres d'inscrits, de votants et de suffrages exprimés. Pour beaucoup de gens cela paraît complexe, ils souhaiteraient une simplification du système.

 

Le gros avantage de ce système, c'est qu'un majorité stable se dégage aisement. Les différents partis politiques ne doivent pas faire des alliances entre eux pour avoir la majorité (ou du moins rarement) comme c'était le cas sous la IVème République (1946- 1958) ou sous la III ème (1870- 1940). Cela évite l'instabilité gouvernementale, les alliances politiques étant plutôt fragiles. Cela permet au gouvernement d'avoir un durée de vie relativement longue et ainsi de pouvoir mettre en place les mesures qu'il souhaite.

 

Toutefois, l'inconvénient majeur reste que les petits partis sont largement défavorisés: Ils n'envoient jamais de députés à l'Assemblée. Ce mode de scrutin ne reflètent donc qu'en partie la volonté du corps électoral. Il entraîne la bipolarisation de la vie politique entre les deux principaux partis.

Les petits partis réclament souvent une représentation à la proportionnelle où le nombre de sièges à l'Assemblée Nationale à pourvoir est attribué proportionnellement au nombre de voix obtenus par les candidats. Le système est sans aucun doute plus juste car il y a une représentation même des partis minoritaires, cependant à l'échelle nationale aucun parti n'ayant la majorité à lui seul, des alliances plus ou moins stables et/ou durables sont donc nécessaires. Cela peut conduire à des changements fréquents de gouvernements.

 

Je ne prétends pas être d'une clarté limpide mais j'ai essayé de présenter les choses avec le plus d'objectivité possible. Pour tout ceux qui souhaitent approfondir, je recommande un ouvrage de synthèse disponible dans toutes les librairies: LESCOT Bernard, SINOU Jean, Instruction Civique , Paris, éditions Castella, 2003.

Cet ouvrage est remis à jour tous les ans.

07.06.2007

Enfin les grandes Vacances!

Après un troisièeme trimestre de malade avec une obsession: FINIR LES PROGRAMMES!!! ce matin c'était le dernier jour de cours. Il me reste le bac à surveiller mais aussi à corriger mais c'est quand même le début de trois mois de belle vie!

Un seul mot d'ordre:

 

17.04.2007

Désolé pour la longue absence....

Après de longues semaines de grisailles et de boulot par dessus la tête, j'ai décompressé de la meilleure façon qui existe: se ressourcer sur les lieux de son enfance...

Saint Malo, pour moi c'est toujours magique mais pour le coup ce fut le paradis: la plage ensoleillée en plein mois d'avril. Séance farniente au soleil, soirées avec mes amies de toujours, deux jours gastronomiques chez mes adorables grands parents de Languenan, excursions et restau... Que demande le peuple?

En résumé, ça donne ça:

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Du coup, c'est dur dur le retour à la routine: lever tôt, train, cours, train, copies, préparation de cours, dodo...
Vivement les prochaines vacances!